À Mayotte, un salarié du privé sur deux percevait au plus 1 700 euros nets par mois en équivalent temps plein en 2024, selon une étude de l’Insee publiée en octobre 2026. Ce salaire médian était inférieur de 420 euros à celui de la France de province, définie comme l’Hexagone hors Île-de-France.

Le secteur privé regroupait 24 200 salariés à la fin de 2024, soit 47 % de l’emploi salarié de l’île. Le salaire net moyen atteignait 2 160 euros par mois, contre 2 480 euros en France de province, un écart de 13 %. Il restait également inférieur de 3 % à la moyenne relevée à La Réunion.

Les écarts étaient plus marqués au bas de l’échelle. Les 10 % de salariés les moins rémunérés percevaient au plus 1 210 euros nets par mois à Mayotte, contre 1 490 euros en province. À l’autre extrémité, les 10 % les mieux rémunérés gagnaient au moins 3 570 euros, soit 6 % de moins que le seuil provincial de 3 790 euros.

Le niveau distinct du salaire minimum explique une partie de cette différence. De janvier à octobre 2024, le Smic net mensuel s’élevait à 1 203,34 euros à Mayotte contre 1 398,69 euros dans le reste de la France. Après la revalorisation de novembre, 27 % des salariés privés mahorais en équivalent temps plein percevaient encore moins que le Smic national, selon le périmètre de l’étude.

La structure des emplois pèse aussi sur la moyenne. Les cadres représentaient 9 % des salariés du privé à Mayotte, contre 18 % en province. Ils gagnaient pourtant 4 670 euros nets en moyenne, soit 15 % de plus que leurs homologues provinciaux. Les salariés de moins de 40 ans formaient 57 % des effectifs, contre 48 % en province.

Plus de la moitié des salariés privés mahorais travaillaient dans une entreprise de moins de 50 personnes. Dans les structures de moins de dix salariés, le salaire net moyen se limitait à 1 810 euros par mois. La construction, qui concentrait 16 % des emplois privés, affichait une moyenne de 1 980 euros, inférieure de 15 % à celle de la province.

Depuis le 1er janvier 2026, un décret a porté le Smic brut horaire mahorais à 9,33 euros, après 8,98 euros. La loi de refondation de Mayotte prévoit un alignement progressif du Smic net sur le niveau national d’ici décembre 2031.